Hémorragie dramatique : Pourquoi pas l’hibernation ?

Feu vert américain pour un protocole d’hibernation de blessés par balle ou arme blanche en arrêt cardiaque en attendant la chirurgie.
Equipe : Dr Sam Tisherman du Presbyterian Hospital de Pittsburgh (Pennsylvanie).
Protocole : Emergency Preservation and Resuscitation for Cardiac Arrest from Trauma (EPR-CAT)

Le blessé en arrêt sera refroidit en 15 mn à 10°C par une perfusion (dans l’aorte) de soluté saline qui remplacera le sang pendant une durée maximale de 2 heures.
Après sutures des plaies vasculaires, le blessé sera lentement réchauffé par transfusion sanguine puis le cœur réanimé.

Le public de l’état sera informé sur un site internet et si besoin le futur agressé pourra à l’avance manifester son refus.
Cette équipe reçoit au moins un blessé par balle en arrêt par mois !

Comprendre

Toutes les cellules du corps humain ont besoin d’oxygène pour fonctionner.
Ce métabolisme cellulaire (aérobie) se dégrade lorsque la perfusion sanguine des cellules est mauvaise. (
Hémorragie = manque de globules rouges ou hématies, transporteur de l’oxygène)
Le métabolisme se dégrade (anaérobie) libérant des substances toxiques acides néfastes en période de stress (adrénaline). (Le sang devient acide=excès d’acide lactique).
Puis plus ou moins vite selon le type de cellules, l’organe souffre puis se détruit peu à peu laissant en cas de succès de la réanimation des séquelles parfois irréversibles.
C’est le cas des cellules du cerveau, du cœur et un peu plus tard du foie, du tube digestif, des reins.
Les cellules les plus résistantes étant celles de la peau qui ont besoin de très peu d’oxygène pour survivre.

En hypothermie, les cellules consomment moins d’oxygène donc résistent plus longtemps.

Depuis les années 70, on utilise ce constat en chirurgie cardiaque à cœur ouvert pour prolonger la durée de l’arrêt cardiaque per-opératoire.

Les urgentistes s’intéressent depuis plusieurs années à une version modérée d’hibernation
(32-34°C) par refroidissement externe et perfusions froides en cours de réanimation cardiaque.

Cette fois on va beaucoup plus loin (10°C). Les essais cliniques sur le cochon à 32°C n’ont pas été concluants.

Article sciences et avenir

Article Slate

 

À propos de admin

Médecin anesthésiste-réanimateur, CH Montfermeil,93. Ancien directeur médical de l'institut de formation ambulancier de l'Est parisien, 93330 Neuilly/M
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