Les risques collectifs

 

 

Le risque collectif se définit par la probabilité qu’un événement arrive et qu’il entraine un grand nombre de victimes ou des dommages importants pour les biens et/ou l’environnement.

Un risque majeur est un événement rare et d’une grande gravité sur les plans humain, matériel ou environnemental.

 

Les risques collectifs et les situations de crise considérés renvoient aux risques naturels et industriels (y compris les risques nucléaires), aux risques environnementaux, épidémiques, alimentaires, aux risques liés à des accidents concernant des équipements collectifs (établissements recevant du public notamment), aux risques liés à des ruptures de grands systèmes (eau, électricité, télécommunications, transports, réseaux informatiques...), aux manipulations du vivant, etc.

Ces objets partagent, en dépit de leurs différences de nature, une série de caractéristiques justifiant un questionnement commun. Ils semblent tous, à des degrés divers,
susceptibles de mettre en cause des intérêts collectifs vitaux (intégrité physique des personnes, patrimoine écologique, biologique ou autre...) ; de porter atteinte aux fondements sociopolitiques (pertes de légitimité et d'autorité des institutions, remise en cause des principes, règles et dispositifs juridiques ou politiques organisant la citoyenneté et la solidarité...) ; d'affecter gravement les capacités de connaître et d'interpréter la réalité (inadéquation des outils techniques et scientifiques, des traitements politiques et symboliques...).

 

Le système d’alerte de la population se fait par l’intermédiaire d’une sirène : son modulé pendant une durée de 1 min 41 sec, répété 3 fois et entrecoupé par un silence de 5 sec. Cette sirène est testée tous les premiers mercredi de chaque mois midi.

Le déclenchement de la sirène impose à la population de :

- s’enfermer dans un local dont les portes et fenêtres seront calfeutrées et les volets fermés.

- d’écouter la radio où des consignes et informations seront diffusées

- de fermer les robinets de gaz

- de ne pas encombrer le réseau téléphonique

- de ne pas aller chercher les enfants à l’école

Le signal de  fin d’alerte est un son continu d’une durée de 30 secondes.

 

 

Les plans de secours


 

Pour faire face à ces risques, des plans sanitaires ont été élaborés par les autorités publiques.

Ils sont déclenchés par le préfet lors de la survenue d’un événement de grande ampleur.

Il existe des plans de secours extrahospitaliers et un plan intrahospitalier.

 

Le Plan ORSEC = Organisation de la Réponse de la Sécurité Civile


 

Ce plan recense l’ensemble des moyens publics et privés destinés à faire face à une catastrophe majeure. Il est destiné à coordonner l’ensemble du dispositif. Il comprend des dispositions générales et des dispositions propres à certains risques particuliers (comme le risque chimique par exemple).

 

Notes

Le préfet déclenche et est le chef du plan ORSEC

 

Le plan Rouge


 

Ce plan de secours prévoit les secours d'urgence à envoyer en vue de remédier aux conséquences d'un

accident à caractère catastrophique à effet limité (dans le temps et l’espace) entraînant ou pouvant entraîner de nombreuses victimes.

Ce plan vise à assurer la cohérence et la continuité dans l'engagement des services appelés à intervenir et à éviter en particulier la désorganisation des structures hospitalières.

La chaîne médicale s'appuie sur les moyens publics et privés concourant aux opérations de secours.

L'efficacité de ce plan repose sur :

- la capacité de la mise en place des moyens,

- l'organisation rationnelle du commandement,

- l'emploi des moyens suffisants et adaptés,

- la coordination dans la mise en œuvre de ces moyens et notamment l'organisation de la régulation médicale par le SAMU.

Chaque plan rouge est préparé au niveau départemental par le préfet, en liaison avec les autorités locales et les services et organismes qui participent à l'aide médicale urgente et aux transports sanitaires.

 

 

Le plan canicule


 

L’exposition d’une personne à une température extérieure élevée pendant une période prolongée, sans période de fraîcheur suffisante pour permettre à l’organisme de récupérer, est susceptible d’entraîner de graves complications par dépassement des capacités de régulation thermique du corps humain. Les périodes de fortes chaleurs sont alors propices aux pathologies liées à la chaleur, à l’aggravation de pathologies préexistantes ou à l’hyperthermie, surtout chez les personnes fragiles et les personnes particulièrement exposées à la chaleur.

 

La canicule exceptionnelle de l’été 2003 a entraîné une surmortalité estimée à près de 15 000 décès. La France n’avait jamais été confrontée à de telles conséquences sanitaires engendrées par une chaleur extrême.

Ce phénomène a révélé la nécessité d’adapter le dispositif national de prévention et de soins. L’objectif du plan national canicule (PNC) est de définir les actions de court et de moyen termes dans les domaines de la prévention et de la gestion de crise afin de réduire les effets sanitaires d’une vague de chaleur.

 

Le plan grand froid


 

 

Il sert à protèger les personnes sans abri.

 

Le plan grand froid vient renforcer le dispositif d’urgence sociale durant la période hivernale, du 15 novembre au 15 avril.

Déclenché par le Préfet, il vise, en fonction des aléas climatiques à mettre en place un système d’alerte, de prise en charge et d’hébergement pour les personnes « sans-domicile fixe ».

Ce plan s’articule en trois niveaux d’intervention :

Niveau 1 - « Vigilance et mobilisation hivernale » : veille de tous les acteurs qui s’occupent des personnes « SDF » durant la période hivernale.

Niveau 2 Grand froid » : températures comprise entre – 10° et + 5 °, en fonction de paramètres climatiques : neige, pluie, vent. Renforcement des maraudes du SAMU Social.

Niveau 3 - « Froid extrême » : températures extrêmes, négatives le jour et inférieures à – 10 ° la nuit, pendant plusieurs jours. Renforcement des capacités d’accueil et d’hébergement

 

 

Le plan Blanc


 

Plan de secours hospitalier destiné à faire face à 1 afflux de victimes à l’hôpital ou à une crise sanitaire grave.

Plan hospitalier faisant suite aux plans organisés par les services publics (plan rouge, ORSEC, spécialisé..)

Les hôpitaux doivent être préparés à l’avance à recevoir de nombreuses victimes.

Ce plan permet la mobilisation et le rappel de l’ensemble des personnels.

 

Notes

Plan blanc= Organisation à l'hôpital

Plan rouge = sur place mini catastrophe

 

En savoir plus

  Cours DEA : Les plans de secours

 

 

Risques NRBC


 

Les  risques technologiques sont regroupés sous l’appellation : NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique).

 

La présence d’un risque NRBC peut-être liée :

- à une pratique “non conventionnelle” des hostilités (situation de guerre),

- à l’utilisation d’armes avec capacités de contamination (cas du terrorisme),

- à un accident (sur un site industriel, lors du transport de matières chimiques ou radioactives par exemple).

 

Il convient de faire immédiatement la distinction entre victime et impliqué. Les personnes qui souffrent, parce qu'atteintes dans leur intégrité physique, sont des victimes. Les impliqués sont ceux qui, soumis à la même pollution, n'ont encore développé aucun symptôme, mais sont potentiellement atteints. Tant qu'une levée de doute, prompte, ne les aura pas affranchis, ils devront rester sous contrôle. Ce protocole ne s'applique qu'aux victimes. Les impliqués participent activement à leur prise en charge, une fois clairement avertis de la situation et des risques encourus.

 

Différents types de risques


 

Le risque nucléaire institutionnel

(EDF avec ses Centres nucléaires de production électrique, le CEA et ses filiales, les systèmes d'armes et de propulsion militaire des armées) s'estompe devant la profusion des applications radiologiques. Elles constituent une menace disséminée dans nombre de domaines tant civils, industriels, agricoles que médicaux. Faisant appel aux radioéléments sous toutes leurs formes, leur contrôle reste approximatif. Ces risques sont polymorphes. L'irradiation est due à une exposition à un radioélément (soleil ou source radioactive). Ses effets peuvent être ramenés à une destruction lente et profonde des tissus organiques. Les effets biologiques sont graduels en fonction de la dose perçue et déportés dans le temps. Pour s'en protéger, comme pour éviter un coup de soleil, il suffit de s'exposer le moins longtemps possible, de se protéger derrière un écran protecteur (mur, véhicule) ou de prendre ses distances (périmètre de sécurité). Il arrive que cette source de rayonnement se délite le temps passant, se brise en émettant des poussières lors d'un accident ou, sous forme liquide, se répande hors de son flacon. Le risque est alors d'être contaminé. C'est-à-dire d'être porteur sur soi (contamination externe corporelle : vêtements, téguments) ou en soi (contamination interne : plaie, inhalation, ingestion) de « micro soleils » qui vous irradient, certes avec une activité moindre que l'élément de base, mais en permanence. De plus, en rentrant chez vous, en côtoyant quelque lieu ou personne que ce soit, vous disséminez cette contamination, les exposant à leur tour à ces radiations... La contamination interne par son irradiation continue et sa fixation au plus près des organes internes est particulièrement redoutée.

 

Le risque biologique / bactériologique

Il regroupe plus largement l'ensemble des agents pathogènes infectieux (bactéries, virus, toxiques).

 

Cas particulier de la pandémie grippale :

La grippe est une infection respiratoire aiguë, contagieuse, d’origine virale. Une épidémie saisonnière hivernale peut toucher 5 à 15 % de la population.

Une pandémie grippale est définie comme une épidémie à l’échelle mondiale. Le risque est caractérisé par l’apparition d’un nouveau virus grippal contre lequel l’immunité de la population est faible ou nulle. Elle se traduit, sur l’ensemble du globe, par une forte augmentation dans l’espace et le temps des cas et de leur gravité Un tel virus peut résulter d’échanges entre souches animales et humaines en évolution permanente ou de mutations progressives d’un virus animal. Dans certains cas, des virus ayant déjà circulé dans le passé peuvent réapparaître.

Dans un cas comme dans l’autre, le délai d’incubation est de un à sept jours et les signes cliniques durent cinq à dix jours : le malade peut être contagieux 24 à 48 heures avant l’apparition des signes cliniques mais il l’est surtout pendant la période symptomatique de la maladie.

La persistance depuis 2003 d’un virus influenza aviaire hautement pathogène H5N1 dans l’environnement et dans l’avifaune tant sauvage que domestique dans de nombreux pays ainsi que le franchissement de la barrière des espèces observé dans les conditions naturelles font craindre l’émergence d’un virus grippal pandémique à partir de ce virus H5N1, sans qu’il faille pour autant exclure que la pandémie puisse être provoquée par un autre virus influenza (H7 ou H9 par exemple, voire H2).

Outre son impact sanitaire majeur, une pandémie pourrait provoquer durablement :

- une désorganisation du système de santé en raison de la saturation rapide des services de soins ;

- des difficultés graves pour certains secteurs d’activités d’importance vitale ou d’autres services essentiels au fonctionnement de la société et de l’État en période de pandémie ;

- une désorganisation de la vie sociale et économique.

 

Les principaux objectifs du plan sont de protéger la population en métropole et outre-mer,

ainsi que les ressortissants français à l’étranger, contre une menace de pandémie grippale.

Pour ce faire, le plan vise également à préserver le fonctionnement aussi normal que possible

de la société et des activités économiques.

 

Il s’agit :

- de préparer le pays à faire face à une épizootie d’influenza aviaire à virus hautement pathogène, à la prise en charge de personnes malades de ce virus, ainsi qu’à une pandémie grippale de grande ampleur ; d’empêcher autant que faire se peut l’apparition d’un virus pandémique en luttant contre l’épizootie en France comme à l’étranger ;

- en période d’alerte pandémique, de détecter l’apparition d’un nouveau virus grippal ayant une capacité de transmission interhumaine et de contenir sa diffusion, afin d’améliorer le niveau de préparation et les capacités de réaction, de limiter le nombre de personnes infectées et d’assurer la prise en charge optimale des malades à domicile ou à l’hôpital selon la gravité de leur état ;

- en période pandémique, de freiner autant que possible la diffusion du virus, de diminuer la morbidité et la létalité avec l’objectif d’atteindre une immunité d’une large partie de la population, d’assurer à la population le meilleur accès aux moyens de prévention et aux soins, d’assurer les fonctions essentielles de continuité de l’action gouvernementale, de sécurité et de vie de la population, d’ordre public et de maintien de l’activité économique ;

 

Le risque chimique

Les substances chimiques peuvent être sous forme liquide ou gazeuse et pénétrer dans l’organisme par inhalation, ingestion ou par voie percutanée.

Les victimes peuvent être intoxiquées, contaminées ou contaminantes.

Il faut donc protéger le personnel soignant par une tenue adaptée. Les victimes seront mises en sécurité (extraites de l’ambiance toxique = zone d’exclusion) dans une zone contrôlée non sous le vent.

Les victimes seront ensuite décontaminées puis transférées vers un hôpital.

 

 

Le plan NRBC est à considérer dans un cadre de médecine de catastrophe 


 

Les objectifs prioritaires sont :
• Protection des personnels et de l’hôpital contre les dangers du transfert de contamination
• Assurer les soins aux personnes contaminées se présentant et la continuité des soins conventionnels

 

Contraintes
• Faire face à un afflux de victimes non décontaminées en pré-hospitalier
• Ne pas retarder la décontamination et donc l’aggravation des symptômes secondaires à l’exposition
• Ne pas retarder la prise en charge médicale
• Protéger les structures de soins et le personnel
• Créer une zone d’hospitalisation dédiée

 

Formation du personnel
• à la protection individuelle
• à évoluer dans une atmosphère contaminée
• aux techniques de décontamination

 

 

En savoir plus

  Cours DEA : Risques NRBC