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psychiatreMaladies psychiatriques

Agitation et autres troubles de l'humeur

Rencontrer une personne au profil "bizarre" nécessite une approche spécifique.
C'est dans l'urgence chez une personne violente, agitée que des précautions doivent permettre d'éviter tout risque pour le patient et pour vous même.
Il ne faut pas jouer aux héros et au besoin demander de l'aide.
Dans un premier temps, rester à distance, être neutre, à l'écoute sans rentrer dans son jeu. On prévient un acte suicidaire (fenêtre, objet...).
Puis la personne calmée, un bilan s'impose afin d'éliminer une urgence non psychiatrique.
Si la personne est trop violente avec de l'aide officielle, on sera contraint d'attacher tout en prenant toutes les précautions.

Le médecin qui s'occupe des maladies mentales s'appelle un psychiatre.


 

Comprendre

"L'enseignement doit être suffisant pour permettre au candidat d'identifier les signes d'alerte afin de mettre en œuvre les procédures d'urgence adaptées, sans entrer cependant dans un niveau de détails trop important afin de rester dans le cadre des missions de l'ambulancier.

Les manifestations cliniques

Comportement inhabituel

Souvent l'appel concerne un proche qui constate que la personne est "bizarre".
il y a rupture de contact avec le monde extérieur.
La communication est difficile, avec des propos incohérents.
Son comportement peut devenir antisocial.

Agitation

C'est un signe d'appel qu'il ne faut pas négliger. Mais tout ne doit pas être mis sur le compte de la psychiatrie.

Syndrome confusionnel

La personne est consciente et peut parler. Mais ces propos sont incohérents.
Son comportement est soit calme ou agité.

Délire

La personne a un comportement anormal, en dehors de la réalité. Il est dans un autre monde.
Cela peut entraîner des angoisses, de l'agitation, de l'agressivité, des comportements irrationnels.

Dépression suicidaire

La personne est triste, prostrée.
Le danger est le risque suicidaire pendant le transport. Une attention toute particulière est à observer.

Crise nerveuse

Le patient est angoissé,pleure.

Spasmophilie, Tétanie

Ce sont des fourmillements dans les extrémités, autour de la bouche avec en cas de crise, une contraction des mains.
Il s'agit plus d'un conflit psychologique que d'un manque de calcium.
La phase aiguë s'appelle crise de tétanie avec contracture des doigts qui se rejoignent.

Hystérie

C'est un comportement qui simule une maladie et ses signes comme une paralysie!
Rien à voir avec le comportement "hystérique" dont le mot est trop fort et mal employé avec agitation extrême, pleurs, hurlement.
Dépister cette imposture est difficile et l'ambulancier se fera piéger.
Il peut simuler une inconscience mais les paupières bougent beaucoup et le tonus est conservé.
Par ex. si son bras est flasque, en le portant au niveau du visage et en le lachant...il évite soigneusement le nez.
Le médecin devra rechercher dans l'inconscient du malade où est le conflit psychologique.

Stress dépassé

En présence d'une situation importante, le stress apparaît, ce qui est naturel pour maintenir vigilantes les grandes fonctions vitales. Cela mobilise beaucoup d'énergie.
Chez certaines personnes, l'organisme réagit trop avec une sidération (paralysie) ou agitation ou fuites ou action automatique irraisonnée.
Il apparaît des sueurs, une opression thoracique, une tachycardie, des coliques, des sueurs, une pâleur et des tremblements.
En résumé :
- sidération
- mutisme
- tachycardie
- tremblements
- agitation
- pleurs et cris

Burn out

Le burning out ou en Français syndrome d'épuisement professionnel s'installe lorsque la fatigue au travail devient excessive.

▷ Savoir + : Module 5 (Relation et communication)

Classification des maladies psychiatriques (Savoir +)

En théorie on distingue les névroses et les psychoses.
La névrose n'altère pas la personnalité et surtout la personne est consciente de son état.
Dans la psychose, la personne n'est pas consciente de son délire et n'est plus en phase avec le réel.

Il s'agit le plus souvent de personnes jeunes principalement des hommes (l'alcool favorisant) mais aussi des personnes âgées (mais plutôt démence que vrai maladie psychiatrique).

Paranoïa

La personne est agressive avec délire, se sent persécuter et la plus forte. Attention elle est aussi manipulatrice et donc peut vous piéger.

Hypochondriaque

Le malade ressent avec amplification tous les signes anormaux de son corps: douleur, pincement, constipation...
Il croit avoir une maladie grave et consulte souvent les médecins et demande des examens pour être rassuré.
Lorsqu'on apprend ses cours, il y a de quoi devenir hypochondriaque !

Psychose maniaco-dépressive ou bipolaire

Le patient a des phases d'humeur expansive et d'excitation suivie d'une phase de mélancolie.
Durant la phase maniaque , il est euphorique, plein de projets avec mythomanie, mégalomanie qui va jusqu'au délire.
Pendant l'autre période dépressive, au contraire la personne est triste, se sent coupable, n'a plus de projets et surtout peut avoir des idées suicidaires.

Bouffée délirante

Cela peut être la première fois.

Névrose d'angoisse

La peur est intense, sans raison.
La crise est impressionnante avec parfois des phobies comme la peur dans un espace clos (ascenseur, avion).

Dépression nerveuse

C'est une vraie maladie qu'il faut soigner. Sinon la personne lutte jusqu'à l'épuisement.
On ne doit pas rendre la personne "coupable" en ne comprenant pas son problème.

Schizophrène

Il s'agit d'une personne jeune, plus souvent un homme présentant de graves troubles de l'affectivité avec repli sur lui-même, des hallucinations, insensible au monde extérieur.
Surtout il peut se sentir téléguider allant jusqu'à sauter par la fenêtre (par ex. car il croit qu'il vole) ou s'automutiler (amputation d'un doigt par ex. car cela ne lui appartient pas !).

Maladies non psychiatriques

Délirium tremens ou DT

dtIl survient chez un alcoolique qui arrête brutalement de boire par ex. lors d'une hospitalisation ou après une chute à domicile et découverte tardive.
Il nécessite des soins d'urgence si non la situation risque de s'aggraver voire décès. Une hospitalisation en réanimation est souvent nécessaire.

Pré délirium ou pré DT

Le malade dort mal avec des cauchemars.
Il est angoissé et tremble au niveau des mains.
Le médecin doit le dépister et le traiter rapidement sous peine d'aggravation

Délirium tremens

La "chaudière s'emballe ".
L'agitation est intense avec des tremblements y compris pour la parole.
La personne est couverte de sueurs, et a une hyperthermie.
Il délire avec vision d'animaux comme des insectes courant sur les murs, entraînant une terreur intense.
Ce qui peut devenir dangereux pour le malade et les soignants donc l'ambulancier.

◁ Revoir cours ivresse aigue

drogueSyndrome de manque

En cas d'arrêt rapide ou brutal d'une prise régulière de drogue apparait des signes variés dont l'agitation et un délire.
Les effets sur le psychique sont : anxiété, irritabilité, des troubles du sommeil et/ou un état dépressif.
Physiquement apparait des lombalgies, une sensibilité accrue à la douleur (hyperalgésie), des larmoiements, un rhinorrhée, une augmentation de la transpiration, l'accélération du transit intestinal avec diarrhée et parfois vomissements, de la tachycardie, de l'hypertension et une dilatation anormale des pupilles (mydriase) peuvent être perçus.
Il y a aussi sueurs froides, bouffés de chaleur, changements de température, incapacité de se sentir à l'aise dans son corps.

◁ Revoir cours drogue

Démence sénile ou maladie d'Alzheimer

La personne oubli ses souvenirs dans un premier temps les récents.
Une désorientation apparaît avec difficulté à se repérer et confond les moments de la journée.
Il n'est pas rare de rencontrer fortuitement une personne égarée dans un couloir d'hôpital ou dans le hall d'accueil. Il faudra l'aider à retrouver sa chambre.

◁ Revoir cours maladie d'Alzheimer

Détresse vitale

Insistons encore une fois sur le fait qu'un comportement anormal peut révéler une souffrance d'un organe qui manque d'oxygène ou de sucre par ex.
Détresse respiratoire (hypoxie), détresse circulatoire (collapsus) ont parmi leurs signes, la possibilité d'une agitation (ou d'une somnolence...).
Une maladie du cerveau avec une lésion cérébrale peut aussi être à l'origine d'une agitation ou de troubles mentaux (Accident Vasculaire Cérébrale dit A.V.C, hémorragie méningée, tumeur...).

Approche du patient (Protection)

agite◁ Revoir cours protection personne agitée (Module 1)

Avant tout bilan, il faut au préalable protéger la personne, votre équipe et les témoins.
Une personne agitée sera calmée et isolée. Le mieux est le dialogue. Néanmoins il faut éviter qu'il se blesse et blesse l'entourage.

Le but est d'éviter que la personne se mutile ou que vous et l'entourage soient blessés.
Dans un deuxième temps il faudra rechercher pourquoi la personne est dans cet état car il ne s’agit pas toujours d’un malade mental ou d’un alcoolique.
Des erreurs d’aiguillage, lors de l’hospitalisation, sont parfois commises.

ambulancierMéfiance

Arriver discrètement sans avertisseur sonore ou lumineux. Se garer à distance.
Ne pas être un héros, si agression, tir par ex, rester éloigné en attendant les forces de police spécialisées.

Attitude

Toujours se présenter. En général, il y a un respect de l'autorité, d'où l'intérêt de ne pas être en civil mais en tenue compléte d'ambulancier.
Parfois au contraire la blouse blanche est mal vue.
Une attitude rassurante calmera le patient.
Ne pas sourire, ne pas rentrer dans son jeu délirant (de plus peut être manipulateur).
Se tenir face à la personne mais à distance (en dehors de la zone intime de 30 cm) (1 m minimum).
Il faut essayer d'être au même niveau que la personne, par ex. faire asseoir et s'installer à côté de lui.
Dans un premier temps ne pas toucher la personne qui peut le percevoir comme une intrusion dans son corps.

Isoler

L’abord du malade n’est pas toujours simple.
Il faut dédramatiser la situation, en  écartant la famille et les témoins. Le patient est ainsi isolé.
Sans spectateur, sa crise s’arrête parfois.

Tentative de dialogue

colereVotre comportement doit être "neutre".
L’attitude doit être correcte, sans remarque, calme, mais ferme, sans chantage.
On évitera la familiarité, utiliser le vouvoiement, "Monsieur, Madame"
Laisser s'exprimer (se sent léser, croit à son histoire) et surtout ne pas le contredire.
L'expression: "Monsieur calmez-vous " en haussant le ton n'arrange pas les choses au contraire.
Et surtout ne pas s'énerver, dans ce cas on rentre dans une spirale infernale.

Ecoute

Il faut de la patience, en essayant de faire parler la personne sans rentrer dans son jeu.
C'est plus une écoute, en ne coupant pas la parole et rester très poli.
Ne pas relancer le débat et pas de réponse trop longue
Reformuler les questions (Accuser réception du message de détresse : "je vous ai entendu")
Faire comprendre que l'on écoute.
Il ne faut pas juger, rester neutre, garder son opinion pour soi et pas de réflexion à voix basse, d'autant qu'il peut l'entendre.
Toujours rester courtois et calme "zen"
Passer le relais à l'équipier si le "courant" passe mieux avec lui.

Prévenir le passage à un acte suicidaire

Ecarter la personne d'une fenêtre.
Enlever tout objet
Ne jamais laisser la personne seule
Ne jamais lui tourner le dos (risque d'agression)
Ne pas avoir de foulard, écharpe (risque de strangulation)

▷ Voir aussi module 5 : relation et communication

Signes cliniques

En dehors de l'agitation visible dès l'approche de la victime, on notera:

- propos incohérent , confus
- faciès triste ou frayeur
- comportement anormal
- angoisse, pleurs
- hallucinations
- mégalomanie, mythomane
- doigts contractés
- tremblements, sueurs

◁ Revoir cours bilan

◁ Revoir cours détresses

Eléments à rechercher (Bilan)

Certains signes ne sont pas évidents. L'interrogatoire recherchera antécédents. Les ordonnances peuvent aussi orienter.

Il est extrêmement important dès que l'approche est possible de réaliser un bilan afin d'éliminer une urgence NON psychiatrique

◁ Revoir cours bilan

Le bilan sera donc complet organe par organe en insistant sur :

◁ Revoir cours bilan complémentaire

Eliminer une urgence non psychiatrique

Citons comme causes possibles:
- Aggravation d'un traumatisme crânien (Hématome extradural ou sous dural)
- Accident vasculaire cérébral (A.V.C.) (hémorragie cérébrale, méningée)
- Manque d'oxygène (hypoxie) du cerveau avec toutes les causes des détresses respiratoire
- Intoxication oxyde de carbone (CO)
- Manque de sucre (hypoglycémie) du cerveau
- Hypothermie ou hyperthermie (coup de chaleur)
- Ivresse aigue
- Drogue
et bien d'autres causes...

On sera particulièrement attentif à la personne sans abri dont l'examen est difficile (déshabillage, hygiène) et avec une haleine alcoolisée.
Des erreurs grossières de diagnostic sont possibles si le bilan n'est pas complet.

Transport

La plupart des personnes agitées ou/avec troubles du comportement sont conduits aux urgences d'un hôpital général.
Il est exceptionnel qu'un patient soit directement admis en hôpital psychiatrique.

Continuer le dialogue

Cela permet d'apaiser la personne et de la surveiller visuellement en permanence.
Eviter les avertisseurs sonores ou lumineux.
De nuit ou dans les tunnels, les flashs lumineux sont neurostimulants voire épileptogènes

Prévenir le suicide

Les portes de l'ambulance seront fermées

Contention exceptionnelle

attachesAvant d’utiliser la force, le dialogue est préférable.
Si la situation devient dangereuse, l’intervention n’est possible qu’en nombre suffisant, car l’agitation du malade va s’aggraver.
Il faudra alors se résoudre à la contention.

Elle est possible mais uniquement en cas de nécessité absolue et en référer au plus vite au 15 (article 122.7 du code pénal).
"N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la garvité de la menace."

Seule, la bonne décision est difficile à prendre : bien appliquée selon l'article 122.7, il vous délivre de toute sanction pénale mais si la contention entraîne des complications (paralysie, fracture), le patient ou/et sa famille peuvent vous attaquer en dommages et intérets (responsabilité civile).
D'un autre côté en cas d'abstention vous pouvez être poursuivi (responsabilité pénale) pour non assistance à personne en danger (art 223.6) ou mise en danger d'autrui (art 223.1). En conclusion, vous vous trouvez devant une situation complexe , le mieux est de la partager.

En secondaire : prescription médicale écrite de la contention obligatoire

Le matériel doit être adapté avec des liens larges
Surtout pas de garrot et risque de compressions vasculaires et nerveuses (chevilles et poignets)

Quelques précautions sont nécessaires :
- vider ses poches (couteau, briquet)
- urinal à disposition

La surveillance visuelle est permanente :
- on expliquera au patient la raison
- pas de cravates, foulards, bijoux où le patient pourrait s'agripper
- attention aux crachats et coup de pied possibles
- limiter le risque d'étirement : attaches au brancard de longueur suffisante
- attention aux frottements : pansements entre le collier et la peau par ex.
- vérifier l'absence d'étranglement
- pas de gène à la respiration : bonne aplitude respiratoire
- pas de garrots : extrrémités chaudes et roses

Le malade risque par des mouvements de friction d'abimer très rapidement la peau et la traction sur ces colliers des membres peut être à l'origine de l'étirement des nerfs avec risque de paralysies définitives.

La meilleure technique pour le transport est d'enrouler le corps dans un vêtement prévu à cet effet (ancienne camisole de force).

▷ Voir module 4 : limitation des mouvements

En cas de limitation des mouvements, il faut alerter le centre 15 pour avoir des directives pour la suite.


▽△ Isolement, Contention: le cadre légal. ▽△

 

L’isolement et la contention sont des restrictions aux libertés individuelles.

L’article L.3211-3 du code de la santé publique encadre la prise en charge des personnes hospitalisées en soins psychiatriques. Il précise que les restrictions à l'exercice des libertés individuelles doivent être « adaptées, nécessaires et proportionnées » à l’état mental du patient et à la mise en œuvre du traitement requis. « En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée ».

L’article L. 3222-5-1 du même code, créé par la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016, donne un cadre juridique spécifique aux recours à l'isolement et à la contention. Définies comme des « pratiques de dernier recours », elles sont uniquement destinées à « prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision d’un psychiatre, prise pour une durée limitée ».
Ces mesures sont recensées dans chaque établissement de santé autorisé en psychiatrie et désigné par le directeur général de l'agence régionale de santé pour assurer des soins psychiatriques sans consentement.

L’établissement de santé tient un registre garantissant leur traçabilité. Il mentionne « le nom du psychiatre ayant décidé cette mesure, sa date et son heure, sa durée et le nom des professionnels de santé l'ayant surveillée ». Il est « présenté, sur leur demande, à la commission départementale des soins psychiatriques, au contrôleur général des lieux de privation de liberté ou à ses délégués et aux parlementaires ».
Les établissements réalisent systématiquement un rapport annuel qui recense les pratiques d'admission en isolement et de contention, la politique définie pour limiter le recours à ces pratiques et l'évaluation de sa mise en œuvre.
Ce rapport est transmis pour avis à la commission des usagers et au conseil de surveillance de ces établissements.


Constantes, surveillance

Chez une personne sédatée par un médecin (piqure intramusculaire ou comprimés) il y a risque, en cas de surdosage, de dépression secondaire respiratoire et chute tensionnelle ou/et somnolence importante. D'autant que l'effet du produit n'est pas toujours immédiat.
Somnolence = PLS
Surveiller tension artérielle et fréquence respiratoire

Transmission à l'arrivée

Prévenir le service des urgences de l'arrivée d'une personne agitée (salle, personnel en nombre)
A l'arrivée il faut toujours procéder à des transmissions écrites et bien remplira feuille de surveillance

 

Modalités d'hospitalisation (Voir aussi Module 8)

Les placements en hôpital psychiatrique sont réglementés par la loi du 5 Juillet 2011 (modifiée Juillet 2013)
Les psychiatres privilégient les soins en secteur ouvert dit hospitalisation libre.
Si nécessaire, l'hospitalisation ou les soins sont faits à la demande d'un tiers ou à défaut en urgence par le directeur.
Pour les cas les plus graves, c'est l'autorité de l'état (préfet) qui confirme la demande au vue d'un certificat médical d'un psychiatre.
Quel que soit le type d'hospitalisation, des contrôles permettent d'éviter une hospitalisation abusive.


▽△ Détails administratifs des types d'hospitalisation (module 8)

 

Sectorisation psychiatrique

La lutte contre les maladies mentales comporte des actions de prévention, de diagnostic, de soins, de réadaptation et de réinsertion sociale.
Dans chaque département sont constitués des secteurs psychiatriques comportant des services dans des hôpitaux, des dispensaires…

Ce secteur s'occupe des malades hospitalisés mais aussi en ville.
Au XIX e siècle, les "fous" étaient enfermés.
Grâce au progrès de la médecine et des médicaments, de plus en plus de malades mentaux peuvent avoir une vie normale à domicile à condition d'être bien suivi par l'équipe psychiatrique: médecin, psychologue…

Commission départementale

Dans chaque département une commission départementale des hospitalisations psychiatriques est chargée d'examiner la situation des personnes hospitalisés en raison de troubles mentaux au regard du respect des libertés individuelles et de la dignité des personnes.

Composition

Elle comprend 2 psychiatres, un magistrat, 2 représentants d'associations agréées de personnes malades et de familles de personnes atteintes de troubles mentaux et d'un médecin généraliste.

Rôle

Elle est informée de toute hospitalisation sans le consentement, de tout renouvellement et de toute levée d'hospitalisation. Elle visite les établissements, reçoit les réclamations, vérifie les registres. Elle propose au Juge des libertés et de la détention d'ordonner la sortie immédiate de toute personne hospitalisée sans son consentement. Ces membres sont soumis au secret professionnel.

Structures psychiatriques

C'est le Préfet qui donne l'habilitation à ces établissements.
Un règlement intérieur est établi. L'établissement reçoit la visite inopinée 1 fois par semestre de la commission.
Un registre est tenu sur lequel sont transcrits dans les 24 h, l'identité des personnes hospitalisés ainsi que les certificats légaux et la durée de l'hospitalisation.
En urgence la personne est hospitalisée en :
- Hôpital général
La plupart des services d'urgence ont un médecin psychiatre de garde 24 h sur 24. D'ailleurs c'est obligatoire pour être S.A.U. (Service d'Aide d'Urgence).
On peut ainsi réaliser un bilan complet afin d'éliminer une maladie non psychiatrique (dite "somatique")
- Hôpital psychiatrique
L'admission directe en hôpital psychiatrique est possible. Le lieu d'admission varie selon le domicile du malade (sectorisation).
- Clinique psychiatrique

Les Placements en structure psychiatrique

En 1988, il y avait près de 20 000 personnes présentes, un jour donné, en placement contraignant, soit 26 % des malades présents hospitalisés en psychiatrie.
La loi du 30 Juin 1838 a fait son temps. Elle était devenue désuète ou inadaptée. Celle qui lui succède date du 27 juin 1990 relative au droit et à la protection des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux et à leurs conditions d'hospitalisation. Une nouvelle version de la loi est sortie le 5 Juillet 2011.(Loi n°2011-803).
La grande nouveauté de cette loi est la rencontre systématique de toute personne hospitalisée sans son consentement par le juge des libertés et de la détention (J.L.D.) à 15 jours puis à 6 mois .
Pour les placements ce n'est plus l'hospitalisation qui est obligatoire mais les soins (d'où possibilité en ambulatoire).

Maintenant la loi affiche comme principe l'hospitalisation libre, le malade gardant tout ses droits, les placements d'office deviennent l'exception.

La loi nouvelle poursuit quatre objectifs:
- établir les droits des malades hospitalisés librement
- garantir les droits des personnes hospitalisées sans leur consentement
- instaurer un contrôle à postériori efficace des conditions d'hospitalisation en psychiatrie
- favoriser la réadaptation, la guérison ou la réinsertion sociale des malades hospitalisés sans leur consentement.

  Hospitalisation Libre Hospitalisation ou Soins
sur Demande d'un Tiers ou Directeur

Hospitalisation ou Soins
à la demande du Préfet

Anciennes abréviations H.L. H.D.T. H.O.
Conditions relatives au malade Troubles mentaux
Consentement

Troubles mentaux
Consentement
Soins immédiats
Surveillance constantes

Troubles mentaux
Sans consentement

Dangereux
Conditions médicales 1 certificat 2 certificats < 15 j
2 médecins
1 certificat avec danger
1 certificat dans les 24 h
Conditions administratives Admission Directeur

Admission Directeur
Intérêt malade

Admission Directeur
Maire / Préfet 24 h


Hospitalisation libre

Admission ou soins

Elle s'effectue avec le consentement du patient, et le libre choix du secteur psychiatrique. Toutes les libertés individuelles du malade sont respectées.
C'est le même principe que pour une hospitalisation normale pour maladie. Après avis médical, l'admission est prononcée par le Directeur.

Sortie

Elle est libre, même contre avis médical avec signature d'une décharge.

Hospitalisation sur demande d'un tiers ou H.D.T.

Les HDT se transforment en « hospitalisation en soins psychiatriques à la demande d'un tiers ou en cas de péril imminent »

Admission ou soins à la demande d'un tiers

Il remplace l'ancien placement volontaire.
Un membre de la famille ou une personne justifiant de relations antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir formule une demande de soins.

Admission ou soins en cas de péril imminent

L'hospitalisation à la demande d'un tiers peut désormais se passer de tiers. Dans la situation relativement fréquente où on ne trouve pas de proche en mesure de demander l'hospitalisation, le directeur peut désormais la prononcer au vu d'un seul certificat médical circonstancié exerçant dans l'établissement d'accueil. Ceci permet de simplifier le problème en cas d'urgence.

Conditions de placement

Deux conditions sont posées:
- ses troubles doivent rendre impossible son consentement
- son état doit imposer des soins immédiats assortis d'une surveillance constante en milieu hospitalier.
La demande, présentée par un membre de la famille ou une personne susceptible d'agir dans l'intérêt du malade, doit être manuscrite et signée. Elle comporte les noms, prénoms, profession, âge et domicile de la personne qui demande l'hospitalisation et de celle dont l'hospitalisation est demandée ainsi que l'indication de la nature les relations existant entre elles, et le cas échéant leur degré de parenté.
Cette demande d'admission est accompagnée de deux certificats médicaux circonstanciés datant de moins de quinze jours attestant que les deux conditions requises sont remplies.

Le premier certificat ne peut être établi que par un médecin n'exerçant pas dans l'établissement d'accueil. Il constate l'état mental, indique les particularités de la maladie et la nécessité de la faire hospitaliser sans son consentement. Le deuxième certificat de confirmation peut être établi par un médecin exerçant dans l'établissement. Les deux médecins ne peuvent être parents ou alliés, au quatrième degré. Le directeur de l'établissement vérifie la conformité de la demande.

Contrôle de l'hospitalisation ou soins

Dans les 24 h qui suivent l'admission, un psychiatre de l'établissement, qui ne peut en aucun cas avoir rédigé le deuxième certificat, doit établir un nouveau certificat constatant l'état mental de la personne et confirmant ou infirmant la nécessité de maintenir l'hospitalisation. Le préfet, le procureur de la République et la commission départementale sont informés de l'hospitalisation.
Dans les 3 jours précédant l'expiration des 15 premiers jours d'hospitalisation, il est établi un nouveau certificat par un psychiatre de l'établissement qui peut maintenir l'hospitalisation pour une durée maximale d'un mois, renouvelable.

Sortie

Il est mis fin à l'hospitalisation dès qu'un psychiatre de l'établissement certifie que les conditions ne sont plus remplies. Il en est de même sur simple demande du curateur, du conjoint ou du concubin; s'il n'y a pas de conjoint, des ascendants; s'il n'y a pas d'ascendants, des descendants majeurs; de la personne qui a signé la demande, sauf opposition d'un parent; de la commission départementale. Le médecin de l'établissement peut dans ce cas provoquer une hospitalisation d'office s'il le juge utile.

Hospitalisation ou soins à la demande du préfet (ex placement d'office)

l'HO se transforme en « admission en soins psychiatriques sur décision du représentant de l'État ».

Admission

C'est une mesure administrative mais qui demande un certificat médical. Le préfet peut prononcer par arrêté, au vu d'un certificat médical circonstancié, l'hospitalisation d'office dans un établissement une personne dont les troubles mentaux compromet l'ordre public ou la sûreté des personnes.
Ce certificat ne peut émaner d'un psychiatre exerçant dans l'établissement.

Unité pour malades difficiles (UMD)

Uniquement réservés aux malades agités, asociaux ou jugés irresponsable pénalement.
L'univers est carcéral avec une sécurité omniprésente

Contrôle

Avant toute hospitalisation ou toute mesure de soins, une période d'observation de 72h doit être réalisée en hospitalisation complète (à la demande d'un tiers ou sur décision du préfet). Cette période d'observation permet d'évaluer si la mesure de soins est justifiée.Deux certificats médicaux sont nécessaires:

Dans les 24h de son admission : un premier certificat médical rédigé par le psychiatre de l'établissement constate l'état mental du patient et doit confirmer si celui-ci justifie la nécessité de maintenir les soins psychiatriques.
Dans les 72h après l'admission, un second certificat médical doit être établi dans les mêmes conditions. Si celui-ci confirme que les soins psychiatriques sont nécessaires, un psychiatre de l'établissement d'accueil doit proposer (avant l'expiration des 72h) la forme de la prise en charge (hospitalisation complète ou soins ambulatoire). Un programme de soins doit alors être établi pour les soins en ambulatoire. Le directeur de l'établissement ou le préfet, selon le type d'admission, décide de la forme de la prise en charge du patient.

Dans les 24 heures le directeur de l'établissement transmet au préfet et à la commission départementale un certificat établi par un psychiatre de l'établissement. En cas de danger imminent les maires (et à Paris les commissaires de police) peuvent pour 48 h arrêter les mesures provisoires nécessaires.
Dans les 15 j, puis tous les mois, le malade est examiné par un psychiatre de l'établissement qui établit un certificat circonstancié confirmant ou infirmant la nécessite de l'hospitalisation. Dans ce cas, il en est référé au préfet qui statue sans délai.

Un juge des libertés et de la détention (JLD) doit valider lors d'une audience à l'hôpital, en présence d'un avocat cette hospitalisation, dans un délai de 15 j (réduit à 12, loi Juillet 2013).

Sortie

Le Préfet peut à tout moment mettre fin à l'hospitalisation d'office après avis d'un psychiatre ou sur proposition de la Commission départementale.
Si un psychiatre déclare sur un certificat médical que la sortie peut être ordonnée, le directeur de l'établissement est tenu d'en référer dans les 24 h au Préfet qui statue sans délai.
Il ne peut être mis fin aux hospitalisations d'office intervenues à l'initiative des autorités judiciaires que sur les décisions conformes de 2 psychiatres n'appartenant pas à l'établissement, qui résultent de 2 examens séparés et concordants qui doivent établir que l'intéressé n'est plus dangereux ni pour lui-même ni pour autrui.

Protection des personnes

Les droits

Lors d'une hospitalisation sous contrainte, le patient a droit de communiquer avec les autorités, Préfet, Procureur de la République, Maire, Juge et a la possibilité de saisir la commission départementale des hospitalisations psychiatriques. Il peut prendre conseil d'un médecin ou d'un avocat, émettre ou recevoir du courrier, consulter le règlement intérieur, exercer son droit de vote et se livrer à des activités religieuses ou philosophiques.
Rappelons qu'une personne ne peut sans son consentement, ou le cas échéant, sans celui de son représentant légal, être hospitalisée ou maintenue en hospitalisation dans un établissement accueillant des malades mentaux hormis les cas prévus par la Loi (HDT, HO).
Toute personne hospitalisée ou sa famille dispose du droit de s'adresser au praticien ou à l'équipe de santé mentale, publique ou privée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du secteur psychiatrique correspondant à son lieu de résidence.
En HDT ou HO, les restrictions aux libertés individuelles doivent être limitées à celles nécessitées par son état de santé et la mise en œuvre de son traitement.
En toutes circonstances, la dignité de la personne hospitalisée doit être respectée et sa réinsertion recherchée.
Elle doit être informée dès l'admission et par la suite à sa demande, de sa situation juridique et de ses droits.

Réinsertion sociale

La loi prévoit des sorties d'essai (amélioré par loi Juillet 2013). A sa sortie, il conserve la totalité de ses droits et devoirs de citoyens y compris son domicile.

 



Résumé

 

Points clefs

  • Ne jamais conclure à une cause psychique lors d'un comportement inhabituel
    Eliminer une autre origine par un bilan complet et une analyse des circonstances
  • Attention au risque de suicide chez le dépressif
    • Ecarter fenêtre, enlever objets...
  • Tremblements + visions d'insectes au mur + sueurs + fièvre + alcoolisme = DT
  • Contention exceptionelle

Vidéo

Excellent cours de Mr Cadiou d'une heure à voir absolument

Répertoire

  • Recopier et définir les mots suivants :
    • DT, hystérie, spasmohilie, tétanie
    • Mégalomanie, mythomanie
      Bipolaire

Conseil

Votre texte de l'info bulle

 


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Dr Pierre BLOT chim