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Cancer

L'ambulancier transporte tous les jours des patients porteurs d'un cancer pour consultation, examens ou traitement.
Il doit connaître quelques notions pour écouter et dialoguer.
Quelques précautions sont à prendre : respect du secret médical, rester neutre dans l'information, bonne installation de confort car fatigue fréquente et mesure d'hygiène surtout chez les personnes sous traitement (chimiothérapie, radiothérapie) car immunodéprimé.

Les médecins spécialistes sont les cancérologues ou oncologues.


 

Comprendre

"L'enseignement en physiopathologie doit être suffisant pour permettre au candidat d'identifier les signes d'alerte afin de mettre en œuvre les procédures d'urgence adaptées, sans entrer cependant dans un niveau de détails trop important afin de rester dans le cadre des missions de l'ambulancier.

Cellules anormales

cancerCertaines cellules regroupées en tissu dans un organe (sein, utérus, colon, prostate, poumon....) prolifèrent anormalement de manière anarchique.
Un petit morceau de tissu est prélevé (biopsie) et regardé au microscope (service d'anatomie-pathologique dit " ana-path"). L'analyse conclut ou non à une tumeur maligne ou cancer.
Le cancer grossit et peut comprimer un autre organe : tube digestif, voies urinaires...
Il risque de faire saigner, d'obstruer un organe (tube digestif par ex.) ou d'irriter des nerfs entraînant des douleurs.
Par le sang, les cellules peuvent gagner d'autres organes où il prolifère. Ce sont les métastases, notamment dans le foie, les poumons, le cerveau ou les os.
Le scanner, l'IRM, le PET-Scan permettent sans intervenir, de regarder la tumeur et de mesurer son extension.

cancer poumon metastase

Origine du cancer

cancer poumonIl est encore peu connu.
Mais il existe des facteurs favorisants:
- Hérédité (d'où l'utilité de faire des dépistages dans la famille: ex.: colonoscopie chez un membre de la famille ayant un cancer du colon)
.- Produits toxiques: le plus connu est le tabac à l'origine du cancer du poumon mais aussi de la gorge et de la vessie (et aussi maladies cardio-vasculaire: infarctus, artérite)
- Virus…
- rayons ultraviolets (cancer de la peau)

Le tabac est certainement le facteur le plus nocif.

Statistiques

Le nombre de cancers augmente (dépistage précoce et durée de vie plus longue) mais sa mortalité diminue.
Le dépistage précoce et le vieillissement sont les causes principales
- Le plus grave : Cancer du poumon (2600 nouveaux cas par an) avec une forte croissance de femmes.
- Les plus fréquents : Prostate (62000 nouveaux cas par an ) soit + 6% en 20 ans, sein ( 50000 nouveaux cas par an) soit + 5% en 20 ans
- Les plus agressifs : Cancer de l'œsophage, de l'estomac et de la gorge (Larynx, langue...ORL)

Signes cliniques (Diagnostic)

Objectifs : Démarche d'observation d'une situation : signes cliniques, identifier les détresses, changement de l'état clinique.

Grâce à la prévention, on peut désormais dépister un cancer avant qu'il se manifeste par un signe clinique.
Le cancer peut se révéler par une complication: anémie, douleur, hémorragie, urgence chirurgicale (occlusion) ou par l'apparition d'un ganglion , d'une "boule"…

Examens complémentaires

Le médecin après examen clinique et prise de sang va prescrire un certain nombre d'examens complémentaires.
L'ambulancier transportera le patient vers le service d'imagerie médicale ou la chirurgie ambulatoire (pour endoscopie, biopsie...).
Quelques notions de base sont utiles afin de rassurer chez cette personne angoissée.


▽△ Détails examens complémentaires ▽△

 

Endoscopie

endoscopieColonoscopie

Un tube est introduit dans l'anus relié à un système d'éclairage et de vision grâce à des fibres optiques. Une anesthésie générale est proposée en ambulatoire.
Une vidange préalable du tube digestif est nécessaire (risque de fuite anale pendant le transport)

Fibroscopie

A jeun, un tube est introduit dans la bouche et permet de voir l'estomac et l'œsophage ou les bronches . On peut endormir le patient pendant l'examen.

Echographie

Ce n'est pas un examen radiologique. Un tube est passé sur la peau du malade et envoie des ondes de type " radar "qui sont réfléchies.
Cet examen n'est pas agressif et est indolore. On regarde ainsi tous les organes abdominaux.

echo 1 echo 2

Scanner

C'est une étude en coupe artificielle du corps humain grâce à l'utilisation de radiographies et d'un ordinateur.
Appelé aussi tomodensitométrie.
Il fait appel aux rayons X associés à l'informatique. Un faisceau de rayons x tourne autour de la zone à explorer, plan par plan.
Des détecteurs mesurent la quantité de rayons absorbés par les tissus. Un ordinateur reconstitue la zone explorée sous forme de tranches comme si on avait coupé le malade.
L'examen est rapide et indolore. Le patient doit rester immobile sur une table dure qui se déplace sous un large arceau.
Le personnel est souvent dans une salle à coté. Il communique au malade par haut parleur notamment pour arrêter de respirer pendant quelques secondes.
Parfois on injecte dans une veine un produit de contraste à base d'iode. Il ne faut pas que le malade soit allergique. Le malade sent que son corps chauffe. C'est normal.

scanner 1 scanner 2

Résonance magnétique nucléaire ou IRM

Le patient est placé dans une sorte de gros aimant. Le malade et son environnement ne doit pas contenir de pièces métalliques, y compris des prothèses.
Il utilise un champ magnétique. Cela fait vibrer des molécules du corps qui accumulent de l'énergie. Il n'y a pas de rayons X. A la fin de la vibration, des signaux émis par ces molécules sont captés. On obtient des photos de coupe en longueur du corps.
L'examen est long et bruyant. Le patient est enfermé dans un tube clos, claustrophobe s'abstenir.
La personne ne doit être porteur d'aucun objet métallique qui pourrait interférer avec le champ magnétique.

isotopeIsotope ou service de médecine nucléaire

C'est l'injection dans le corps d'un produit émettant des ondes radioactives .Celles-ci rayonnent et sont captés par un compteur. Parmi les organes observés : le cœur, les poumons, les os, la thyroïde.
Les produits radioactifs sont rapidement éliminés.
Il n'y a aucun risque pour l'ambulancier et la famille.

PET-Scan

Très utile en cancérologie. Il repose sur le principe de la scintigraphie associé à une variante du scanner.

microscopeBiopsie

Un prélèvement des cellules cancéreuses ou/et d'un ganglion permet de préciser au microscope la nature du cancer.
La pièce est envoyée au service d'anatomo-pathologique.

 


Annonce

Annoncer un cancer nécessite du temps et de l'attention.
Une consultation obligatoire est dédiée à cette douloureuse information.

◁ Revoir les différentes étapes d'acceptation du cancer


▽△ Schéma des étapes psychologiques après annonce ▽△

 

palliatif1

palliatif2

 


 

Traitement

Le malade est traité dans un service spécialisé de l'organe ou du cancer (centre de traitement des tumeurs ou service d'oncologie).
Un cancéreux n'est jamais soigné par un médecin isolé mais par une équipe multidisciplinaire.
La décision d'un traitement est prise après réunion commune et selon des protocoles bien définie.

chirurgieChirurgie

La tumeur est souvent enlevée ainsi que les éventuels ganglions autour.

Radiothérapie

Des rayons, issus d'une source radioactive type cobalt sont dirigés à travers la peau vers le cancer. Mais le rayonnement est dangereux s'il se propage trop, il est donc protéger dans des véritables blocs de béton. Il faut donc prévenir le malade qu'il sera isolé mais en contact permanent avec le personnel soignant et que la séance est indolore. Plusieurs séances sont nécessaires.

L'ambulancier transportera régulièrement le malade .Il faudra respecter scrupuleusement les heures de rendez-vous

Chimiothérapie

portDes médicaments puissants sont introduits dans les veines du malade afin de détruire la tumeur. Hélas ces médicaments sont souvent mal tolérés. Ils sont corrosifs pour les veines, alors que le malade sera souvent piqué. Un dispositif glissé sous la peau, est relié à une grosse veine près de la clavicule. (Port a Kath ou chambre implantable).
La zone est protégée par un pansement stérile.
Il ne faut pas y toucher.

port 2

Des nausées et vomissement sont fréquents. La fatigue est souvent importante après une séance de chimiothérapie. Le malade est souvent porteur d'une perruque, car il perd ses cheveux.

La chimiothérapie peut détruire les cellules du sang, notamment les globules blancs. Le malade est alors en " aplasie". Il est immunodéprimé.

Autres traitements

En plein développement : immunothérapie, hormonéthérapie, thérapie génique

Soutien psychologique

Mieux vivre avec son cancer

Grâce au progrès de la médecine, on peut guérir de certains cancers. Il faut donc s'habituer à vivre avec son ancien cancer.
Mais d'autres, malgré le traitement, évoluent et se généralisent.

Mieux annoncer le cancer

Le droit à la vérité est maintenant inscrit dans notre société occidentale. Parler vrai à un malade c'est autre chose que de dire des banalités au malade. Mais ce n'est pas une raison pour lui déverser un flot d'informations qu'il n'assimilera pas. C'est un travail progressif. Il commence par la consultation d'annonce. Elle est d'ailleurs légale.

Lutte contre la douleur

Le cancer irrite, surtout lorsqu'il grossit, des nerfs à l'origine de douleurs chroniques.
Elles seront évaluées par l'équipe médicale et combattues par des médicaments souvent à base de morphine, en pompe dans l'urgence, sinon sous forme de comprimés ou de patch ( collé sur la poitrine). Des nausées, constipation sont fréquentes et traitées.

◁ Revoir cours douleur

Soins palliatifs

Si le cancer n'est pas guérissable, en fin de vie on pratique des soins de confort, on parle de soins palliatifs.

◁ Revoir cours fin de vie

Prévention

Campagnes de dépistage

Le mieux est de ne pas attendre l'apparition d'un signe clinique mais de faire des dépistages systématiques auprès de son médecin traitant.
- mammographie pour le sein
- test dans les selles pour le colon...

Eviter les facteurs cancérigénes

ll faut éliminer les facteurs favorisants le cancer comme :
- alcool, tabac
- poussières de bois (métier du bois)
- amiante...

◁ Revoir médecine préventive

Développer la recherche sur le cancer

Transport

Le malade, du fait des nombreux soins et examens est souvent transporté.
Dans la mesure du possible le même ambulancier effectuera ce transport, afin d'établir un bon contact.
La ponctualité dans les RDV est importante.

Règles d'hygiène

Le malade est souvent immunodéprimé. Il faudra donc respecter les règles d'hygiène.

Installation de confort

Le type d'ambulance, couché ou VSL ne sera pas imposé par la société sous prétexte d'un 100%, mais répondre à une prescription médicale écrite adaptée.

lymphoemeUne personne ayant eu une intervention sur le sein
(ablation dit mammectomie avec ablation du système lymphatique et des ganglions) risque d'avoir un gros bras plein d'eau appelé lymphœdème.
Il ne faut pas prendre la tension de ce côté.

 

Il faudra respecter la pudeur du malade qui souvent perd ses cheveux.

◁ Revoir évaluation des besoins

mainEcoute

ecouteLe patient est inquiet et pose souvent des questions sur sa maladie. Il faut être attentif à la demande du patient transporté.
L'ambulancier n'est pas apte à répondre. Il ne confiera pas le dossier au malade.
Par contre il doit rassurer en expliquant clairement les soins, les examens et les traitements.
C'est le médecin et non pas l'ambulancier qui communiquera sur l'état de santé

Mais souvent le patient prèche le faux pour savoir le vrai. Il veut en savoir plus sur sa maladie surtout s'il a été mal informé par une équipe médicale.
Il ne faut se faire pièger.

Il ne faut pas fuir le malade qui a mal, toute plainte doit être prise en considération.
Même si elle semble disproportionnée,exagérée elle est toujours l'expression d'une souffrance physique ou morale qui est bien réelle et ressentie par le sujet.
Il faut établir une communication de confiance, respecter ses désirs, entendre ses angoisses et ses plaintes.
Une simple écoute ou la prise de la main peuvent parfois suffire.

On évaluera la douleur ressentie grâce à l'échelle visuelle analytique (E.V.A.)

eva

 

 

◁ Revoir cours douleur

▷ Savoir + : Communiquer (Module 5)

▷ Savoir + : Chartre du malade et les lois (Module 5)

Aide au traitement

Aide à la prise de médicaments

antalgique 2L'ambulancier ne délivre pas de médicaments.
La prise des cachets est sous la responsabilité entière du malade et de sa famille.
On peut vérifier l'exactitude de la prise en contrôlant l'ordonnance (dosage et surtout fréquence de prise).
La plupart du temps, le médicament se prend avec un verre d'eau.
On notera sur la feuille de surveillance la prise et la posologie.


Surveillance d'une pompe


pcaIl y a plusieurs modèles : du pousse-seringue simple au dispositif à usage unique (en plastique).
Le produit utilisé est le plus souvent la morphine mais aussi des anesthésiques locaux.
Il est délivré en sous-cutané, ou via une aiguille à travers un dispositif implantable (port à Kt) le plus souvent sous la clavicule.
Les anesthésiques locaux sont délivrés en local via des petits tuyaux (redons) (après une intervention chirurgicale) voir parfois dans le dos en fin de vie (péridurale).

bouton pcaLe produit est administré en continue et/ou par le malade à l'aide d'un bouton pressoir (si on appuie trop souvent, le produit n'est plus délivré, mais la personne ne le sait pas).

La question délicate est : "peut-on transporter un patient porteur de ce dispositif ?".
En théorie: NON car si l'appareil se dérègle, il y a des risques.
Rappelons que la morphine déprime la respiration avec baisse de la fréquence respiratoire et somnolence.
Il faudrait que le patient soit accompagné par une infirmière.
En pratique, en transport secondaire, validé par écrit (ordonnance du médecin) et devant témoin....un patient cancéreux sous antalgique permanent (parfois à très haute dose de morphine en pompe ou par la bouche) aura besoin de transport pour consultation, examen complémentaire....

Le plus important est de surveiller l'état de conscience, la fréquence respiratoire au dessus de 10 /mn.
Devant une dépression respiratoire ou /et somnolence, il faut en premier stimuler en permanence avant d'alerter.

Attention

  • Il ne faut JAMAIS appuyer sur le bouton pressoir à la place du patient

 

Résumé

 

Points clefs

  • Le tabac est à l'origine de nombreux cancers
  • Chimiothérapie = Immunodéprimé = Hygiène
  • Pas de prise de tension du côté d'un gros bras (chirurgie du sein)
  • Connaître phases d'assimilation du cancer
    • du refus à l'acceptation en passant par la dépression
  • Evaluer les besoins du patient
  • Rester à l'écoute

Répertoire

  • Recopier et définir les mots suivants :
    • scanner, IRM, PET-scan, scintigraphie
    • chimiothérapie, radiothérapie
    • métastases, aplasie, immunodéprimé, anémie
    • anatomie-pathologie, biopsie

Conseil

 


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Dr Pierre BLOT chim