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Traumatologie

Attentats

La prise en charge de blessés par balles ou explosion nécessitent une prise en charge spécifique.


 

Préalable

Des circonstances très différentes se présentent à l'ambulancier:

Appel dans le cadre d'un plan de secours par le SAMU

En présence de nombreuses victimes seront déclenchés les plans de secours (rouge, blanc).
Les victimes seront triées en Urgences absolues (U.A.) et relatives (U.R.)
L'ambulancier appelé ou réquisitionné doit garer son véhicule au point de rassemblement des moyens (PRM) et prendre contact avec l'officier responsable (chasuble bleu).
Il restera en attente dans son véhicule puis sera appelé à la sortie du PMA pour prendre en charge un blessé U.R.
L'ambulancier prendra connaissance de sa fiche médicale et du lieu de transport.
Les grandes fonctions vitales seront surveillées tout au long du transport. Il suivra l'itinéraire qu'il lui sera imposé.

Savoir +

Pour les U.A., la tactique de la régulation médicale est différente de celles d'autres sinistres. La priorité est d'arrêter l'hémorragie (surtout interne thoracique et /ou abdominale). Après réanimation de base (perfusion, oxygénation...) la victime sera directement dirigée vers un bloc opératoire. Une ou plusieures équipes chirurgicales spécialisées s'occuperont des lésions internes hémorragiques puis des graves traumatismes des membres.
Afin d'avoir le maximum d'équipes disponibles plusieurs hôpitaux seront mobilisés.

Témoin

Rappel ci-dessous des gestes des premières minutes sur place en insistant sur les points spécifiques.
(C'est l'occasion de revoir l'ensemble du module 1 du DEA)

Victime

En cas d'attaque terroriste, il faut s'échapper en localisant le danger et si c'est impossible se cacher


 ▽△ Affiche des consignes
affiche terroriste

Protection, Bilan vital, Alerte

Protection

Tout en évaluant d’un simple coup d’œil la situation et son environnement, il faut pratiquer un bilan vital rapide de ou des victimes.
Mais rien ne sert de pratiquer ces gestes pour préserver les grandes fonctions vitales si, au préalable, on ne  se protège pas soi même, les témoins et les victimes

 La protection est le premier élément de la chaîne des secours.

Identifier les dangers

D'un simple coup d'œil on évalue la situation et les dangers:

Si le risque est trop important, il est préférable d’attendre les forces de police.

Dégagement d'urgence

L'usage est de pratiquer un bilan vital et traumatique avant de mobiliser le blessé. Si la victime est en grand danger, on procédea à un dégagement d'urgence destiné à déplacer, de quelques mètres ou plus, en quelques secondes.
On choisira la technique de dégagement en tenant compte de sa force physique et du temps disponible (accalmie tirs en cours)
Les prises de la victime doivent être solides.

Technique de traction sur le sol

degagementIl consiste à "tirer" la personne rapidement en dehors de la zone de danger.

degagement 2Traction par les chevilles

par les pieds ou les chevilles, les jambes légèrement surélevés.
Cette technique respecte la colonne vertébrale.

Traction par les poignets

On soulève légèrement le corps pour éviter que la tête frotte sur le sol.
On évite dans la mesure du possible, qu’une personne soulève le blessé sous les aisselles et l’autre par les pieds, car dans ce cas le rachis est en flexion.

traction-vetementstraction-aisselleTraction par vêtements

On saisit la victime par les vêtements et on tire

Traction sous les aisselles

Cette technique permet de déplacer la victime dans des escaliers ou sur un sol accidenté, tout en protégeant la tête de la victime.

Technique de portage

On peut s'éloigner plus de la zone de danger. S'il est évident pour un enfant, pour l'adulte, il nécessite 2 personnes.
On retrouve le problème de la flexion du rachis (dos rond) qu'il faut éviter, en essayant de maintenir le dos droit.
Les mains saisissent l'épaule et la cuisse opposées.
Les avant-bras soutiennent le cou, la tête ou le bas des cuisses.
On peut s'aider d'un brancard ou des moyens du bord: porte, planche, barrière de sécurité

Savoir + : Protection (M1,DEA)

Bilan vital rapide de toutes les victimes et alerte

N'oubliez pas qu'il y a souvent plusieurs victimes et la priorité sera d'arrêter les hémorragies externes importantes.
Les premiers gestes faits ou demandés de faire sur vos conseils, il faut au plus vite alerter.
Le principe est de : Protéger --> Alerter --> Secourir (P.A.S.)
L'ambulancier en présence d'une situation grave ne peut travailler seul. Il a besoin d'aide.
L'appel doit comporter votre identification, le lieu de la détresse, la gravité de la détresse.
Il faut respecter la chaine de secours qui du témoin, passe au secouriste puis à l'ambulancier puis aux secours médicaux (SMUR, service d'urgence).
Les secours complémentaires vont prendre en charge les blessés.
Vous serez en charge alors d'un seul blessé.

En France, en aucun cas on doit prendre un blessé par balle pour le conduire au plus vite vers un hôpital le plus proche (pas forcément adapté à la chirurgie de guerre).

Savoir + : Alerter (M1,DEA)


▽△ Rappel bilan vital

checkCet examen est très rapide (quelques secondes), à la recherche d'une grave détresse vitale, nécessitant des gestes immédiats de secourisme et de réanimation.
C’est un simple coup d’œil mais en professionnel.

entendezLe bilan d'extrême urgence ou vital permet de savoir s'il faut mettre en route immédiatement des gestes de réanimation pour 4 situations:

  • hémorragie artérielle principalement de l'artère fémorale et fractures complexes ouvertes des membres
  • obstruction des voies aériennes supérieures
  • inconscience
  • arrêt respiratoire isolé
  • arrêt circulatoire

Il faut répondre à 3 questions:

  • est t-il conscient ?
  • si non : respire-t-il ?
  • pouls carotidiens sont ils présents ?

pouls-carotidePour cela on demande au patient : "Madame, monsieur, m'entendez vous ? Serrez-moi la main ?"
La main est posée sur le thorax pour voir si la cage thoracique se soulève, aidée de l'absence de souffle d'air en approchant de la tête du secouru.
Puis le pouls carotidien est pris.
Rappelons que cet examen ne doit prendre que quelques secondes.

Autre méthode de mémorisation

  • A : Airway (passage de l'air)
  • B : Breathing (ventilation)
  • C : Circulation

Savoir + : Bilan vital (M1,DEA)

 

Les gestes de survie

Arrêter l'hémorragie

Comment la reconnaitre ?

saignementDès l'approche du blessé, le saignement est évident. C'est une hémorragie externe.

La plaie artérielle saigne:

  • en jet,
  • par saccade pulsatile  comme le pouls
  • de couleur rouge vif

La plaie veineuse saigne :

  • par nappe, diffuse
  • non pulsatile
  • de couleur rouge plus foncée

ATTENTION

Si le blessé n'est pas pris en charge rapidement (garrot), le saignement même non artériel peut entrainer une hémorragie importante avec risque de détresse circulatoire qui peut aller jusqu'au décès.

Comment l'arrêter ?

Tout en allongeant la victime et faire donner l'alerte, on essaye d'arrêter le saignement par pression manuelle ou compressif voire à distance (points de compression).
La pose d'un garrot est pour les plaies délabrantes d'un membre la meilleure solution, d'autant qu'elle libère le secouriste pour d'autres gestes..                     

compression 1

Pression manuelle

compression 4

Pression compressive

compression a humerale

Pression à distance

garrot boucle 4

Garrot

 

 ▽△ Détails pressions et garrots 
Pression manuelle

compressioncompression 2Elle se fait avec une compresse stérile et des gants à usage unique ou mieux stériles sur la plaie.
Il faut que le secouriste ne soit jamais en contact avec le sang du malade pour éviter SIDA ou Hépatite C.
Voir Accident d'Exposition au Sang (A.E.S.) (M3)
On commence, en urgence par comprimer avec les doigts ou la main.

Elle suffit en général pour arrêter un saignement classique, mais dans le cas d'une plaie artérielle, il est préférable  de poursuivre la compression jusqu'à l'arrivée des secours médicalisés.

.compression 1                     compression 2

Ne pas oublier de se protéger

En attendant le matériel, on peut demander, si c'est possible à la personne de se comprimer lui-même.

hemorragie non

SANS PROTECTION : A éviter

hemprragie oui

Au pire : linge, au mieux gants et compresses stériles si possible

 

Pansement compressif

On utilse un pansement absorbant à plusieurs couches appelé "pansement américain" ou un coussin hémostatique d'urgence (CHU).  
Localement on vérifie l'efficacité de la compression, le sang ne devant pas couler autour du pansement et la compression ne sera pas excessive se traduisant alors par des extrémités froides et cyanosées.

 

compression 3               compression 4                    compression 4

 

Notes

  • La compression doit :
    • recouvrir la totalité de la plaie
    • être suffisante pour arrêter le saignement
    • permanente
Point de compression à distance

compression 1Si la plaie n’est pas accessible, ou le débit trop important (saignement d’une artère en jet), il faut pratiquer avec des gants stériles une compression à distance de la plaie (points de compression).

Elle est indiquée aussi si le pansement compressif est inefficace, ou devant une fracture associée (surtout ouverte) ou une section de membre.
La compression est maintenue jusqu'à l'arrivée des secours médicalisés.

Rappelons les points de compression :

  • artère axillaire :      
    dans le creux de l’aisselle
  • artère humérale:     
    pouce à l’intérieur du bras en légère rotation externe, en appuyant sur l'humérus, entre les 2 masses musculaires du bras
  • artère fémorale:      
    en appuyant le poing, bras tendu au milieu du pli de l’aine ou à la face interne de la cuisse entre les 2 masses musculaires
  • artère poplitée:
    le pouce appui derrière le genou dans le creux dit poplitée
  • artère carotide:
    pouce à la base du cou, les autres doigts en arrière du cou, sans écraser la trachée
comp mb sup comp mb inf

compression a humerale

Compression artère humérale

comp femorale

Compression artère fémorale

carotide

Compression artère carotide

                         

Garrot 0Garrot

La pose d'un garrot est pour les plaies délabrantes d'un membre est la meilleure solution, d'autant qu'elle libère le secouriste pour d'autres gestes.

A partir du moment où il est posé, il ne sera pas enlevé.

Le garrot sera toujours visible avec une inscription notant l'heure de pose.

Un garrot ne doit pas être gardé, en théorie plus d'une heure car les nerfs sans oxygène souffrent et les cellules nerveuses (neurones) risquent de ne plus fonctionner (séquelles de paralysie).

Avec un garrot pneumatique

voire un appareil à tension

Avec un lien de toile sans boucle métallique:

garrot 1

Glisser le lien large, plié en deux, sous le genou ou le bras de la victime. La boucle vers l'intérieur

garrot 2

Remonter le garrot à la racine de la cuisse

garrot 4

Passer un chef du lien large dans la boucle et tirer sur les deux chefs pour serrer le garrot

garrot 6

Maintenir la traction et terminer en nouant les deux chefs
On vérifie que le saignement est bien arrêté.

 

Avec un garrot à boucle métallique
  • Glisser le garrot sous la cuisse ou le bras de la victime. La boucle métallique vers l'intérieur, la partie métallique repose sur le sol (fig. 1)
  • Remonter le garrot à la racine de la cuisse ou du bras et engager l'extrémité libre de la sangle dans la boucle métallique, en appuyant le levier de la griffe pour l'ouvrir (fig. 2)
  • La sangle passée, relâcher la griffe et tirer fort sur le chef pour serrer le garrot (fig.3)
  • La griffe de la boucle métallique permet de maintenir le garrot serré. La compression peut être alors relâchée. On vérifie que le saignement ne reprend pas (fig 4)

garrot boucle 1

Fig 1

garrot boucle 2

Fig 2

garrot boucle 3

Fig 3

garrot boucle 4

Fig 4

 

 


 

saignement arteriel

compression PSC1

 

Liberté des voies aériennes

En présence d'une personne inconsciente ou victime d'une grave traumatisme de la face, il faut immédiatement faire quelques gestes simples :

Position latérale de sécurité (P.L.S.)

Toute personne inconsciente doit être mise en PLS


▽△ Détails technique de PLS

 

Principes

pls animeLe pharynx, en position allongé a la forme d'un bol.
Il s'agit d'évacuer par simple déclivité le liquide du pharynx.
Voyez sur la photo animé, le pharynx qui est comparé à un récipient rempli de liquide. Il suffit de le renverser à 45 -90° pour que le liquide s'écoule vers l'extérieur.

Contre-Indications

C'est l'arrêt cardiaque puisque pour pratiquer un M.C.E. il faut que le dos repose sur un plan dur.
Dans ce cas la vidange du pharynx se fait en utilisant un aspirateur de mucosités (mais plus tard).

Par contre chez un traumatisé inconscient,la PLS s’impose malgré la suspicion d’atteinte du rachis cervical.
Une simple traction tête-cou au retournement suivi de la pose d’une minerve prévient le danger ou mieux immobiliser dans un matelas coquille.

Conseil

  • La question: "PLS et traumatisme+inconscience , que faire" rend souvent perplexe
  • La réponse est simple :
    • PLS: oui mais:
      • jamais de flexion du cou
      • maintenir l'axe tête-cou par une traction
        ( penser à une mauvaise comparaison: un mouton embroché qui tourne sur un méchoui !!! l'axe tourne)

Comment ?

pls 2pls 9Aucun matériel n'est nécessaire.Des travaux pratiques sont mieux qu’un long discours.

En gros, après avoir libéré les voies aériennes et vérifié la présence d'un pouls carotidien, on s'assure que ses membres inférieurs sont allongés côte à côte dans l'axe du corps de la victime sinon on les rapprochent.

Le bras de la victime le plus proche du côté du sauveteur, est placé à angle droit, son  coude plié.
On saisit le bras opposé de la victime, afin de pratiquer sans brusquerie le retournement. Il est aidé par la saisie de la jambe qui fait « bras de levier ».
Ensuite  la victime est stabilisée en ajustant la jambe située au dessus de telle sorte que la hanche et le genou soient à angle droit.
La bouche est ouverte avec le pouce et l'index, afin de permettre l'écoulement des liquides vers l'extérieur.

Utiliser un matelas coquille pour maintenir la PLS

Après la mise en P.L.S. il faut refaire un bilan.

pls 2 pls 3

pls 5 pls 7pls 8

Autres photos officielles (PSC1)

pls1 pls2 pls3
pls4 pls5  

             

 

Cas Particuliers

Nourrisson et enfant

C'est la même technique, mais le plus souvent dans les bras du sauveteur sur le côté.

maintienTraumatisme

Il nécessite le respect de l'axe tête- cou -tronc avec une traction et en immobilisant dans un matelas coquille.
On palpera aussi le thorax et les membres car la personne est retournée du côté des lésions, c'est à dire le corps appuie sur les traumatismes.

Femme enceinte

Elle est allongée sur le côté gauche, pour éviter l'apparition d'une détresse circulatoire par compression de certains vaisseaux de l'abdomen.

encombrement-pharynxNote

  • La P.L.S. c'est donc :
    • mettre le corps sur le coté pour que le liquide s'écoule par la bouche

 

 


Aspiration du sang

En présence de sang dans la bouche, l'usage d'un aspirateur de mucosités facilitera l'airway

Savoir + : Aspirateur (M1,DEA)

jambes sureleveesArrêt cardiaque

Contrairement à la mort subite qui nécessite au plus vite MCE et surtout défibrillateur, le scénario est hélas très différent et il est probablement trop tard.
Les projectiles ont atteint des gros vaisseaux ou des organes plein de sang et le coeur est "désamorcé" et il sera bien difficile de le relancer.
Si des gestes de survie ne sont pas nécessaires sur d'autres victimes, on peut pratiquer les gestes habituels de réanimation cardio-respiratoire avec en plus la mise des membres inférieurs à 90° (et les maintenir en permanence) afin de faire affluer du sang vers le coeur

Bilan détaillé et gestes de secours

Les secours sont arrivés, vous avez désigné les blessés les plus graves aux médecins urgentistes.
Vous allez vous occuper d'un blessé conscient moins grave.

Attention

  • Un bilan approfondi ou l'évolution clinique peut faire passer de l'urgence relative à l'absolue

2 détresses sont à dépister en permanence en pratiquant à fréquence régulière un bilan avec prise des constantes vitales :
- détresse circulatoire
- détresse respiratoire


▽△ Rappel bilan détresse et gestes

Il ne sera pas évident, au début , de distinguer celle en rapport avec une hémorragie externe ou interne distillante ou d'un état de choc en rapport avec la peur ou/et la douleur d'où l'importance de rechercher des impacts de balle sur tout le corps.

chocEcoutez
  • J'ai soif , j'ai froid
  • J'ai mal au ventre
  • Je saigne
  • J'ai la tête qui tourne
  • J'ai les oreilles qui sifflent
  • Je vais tomber dans les pommes
  • Je vais mourir (à ne pas prendre à la légère, a souvent raison)
Observez
  • Pâleur
  • Respiration rapide
  • Sueurs
  • Marbrures genoux ou cuisse
  • Angoisse
  • Bâillement
  • Agitation, confusion
  • Désorientation, Somnolence
  • Mare de sang
  • Hémorragie externe
  • Impacts de balles ou d'éclats
Mesurer
  • accélération du pouls ou tachycardie
  • baisse de la tension voire effondrement (collapsus)
  • respiration rapide
allongerGestes
  • Alerte précoce
  • Le blessé conscient est  allongé, légèrement 1/2 assis, couvert, rassuré,
  • Les pieds sont surélevés, et maintenus dans cette position
  • Il est oxygéné  par inhalation à 9l/mn
  • On attend les secours médicalisés (S.MU.R.) qui poseront une perfusion.

Savoir + : Bilan circulatoire (M1,DEA)

 

Détresse respiratoire

Elle est en rapport avec l'émotion, la douleur, la détresse circulatoire, une plaie thoracique, une inconscience ou une plaie faciale grave

Observez
  • pb respiratoire Respiration rapide et superficielle
  • Respiration lente
  • Toux
  • Toux sanglante
  • Sueurs
  • Cyanose
  • Tirage respiratoire
  • A du mal à terminer sa phrase
  • Agitation, confusion
  • Refus de s'allonger
  • Cherche à rester en position assise, ce qui rend moins pénible la respiration
  • Fait des efforts pour respirer, se tient la poitrine, les muscles du haut de son thorax et de son cou se contractent
  • Confuse, somnolente, anxieuse ou agitée, ce qui traduit un manque d'oxygénation du cerveau et une accumulation du gaz carbonique
Mesurer
  • F : Fréquence
  • A : Amplitude
  • R : Régularité
  • M : Mesure Saturation
Critères de gravité

C'est l'expérience qui permettra de bien repérer les critères de  gravité qui rendront obligatoire l'alerte au 15.
Encore faut-il qu'il soit exact. La plus grosse erreur serait de minorer le tableau clinique.
Quelques conseils pour débusquer un cas grave :

  • la personne s'agite ou est de plus en plus confuse
  • la cyanose apparait ainsi que des sueurs
  • la personne est très encombrée
  • le coeur s'accélère ou pire de rapide, brutalement devient lent (surtout chez l'enfant)
  • épuisement respiratoire: disparition de la toux, du tirage, de l'encombrement
  • a du mal à parler
Gestes
  • Rassurer
  • Oxygéner
  • 1/2 assis (conscient ou sur le coté atteint

 

L'hémorragie interne ou extériorisée va continuer, il faut donc rester attentif.
La surveillance visuelle est indispensable et surtout permanente.
A tout instant la situation peut se dégrader:

En résumé (Réferentiel officiel , PSE)

Bilan lésionnel (traumatique)

Préambule

Même si la plaie ou les plaies sont importantes, il ne faut PAS se précipiter pour soigner ces blessures.
Il faut toujours au préalable faire un bilan vital et au besoin pratiquer les gestes de secours adéquats.
Il est possible aussi qu'il y ait d'autres blessés plus graves en détresse qui nécessitent des soins prioritaires.


▽△ Rappel de l'examen traumatique

 

bilan-traumatiquePour ne rien oublier, on procédera région par région.
Cet examen se fera par la vue, et parfois par la palpation prudente.
On identifiera les plaintes si le blessé est conscient:

  • douleur
  • motricité (paralysie, faiblesse)
  • sensibilité (insensibilité)
  • fourmillements

On recherchera à chaque étape :

  • contusion, gonflement, oedèmes, hématomes
  • plaies et leurs aspects.
  • trajet (entrée-sortie) d'un projectile
  • saignement
  • déformation
  • douleur provoquée au moindre doute

Il est comparatif, c'est à dire des 2 cotés, et complet, en commençant par la face, le crâne et le cuir chevelu puis le rachis dans son entier avec une attention particulière au cou.
Ensuite, le patient déshabillé, on regardera le thorax, l'abdomen et le bassin puis on terminera par les membres supérieurs et inférieurs.

Le mieux est de faire une check-list avec un dessin où on coche selon des codes : éraflure, plaie, fracture...


Face

Une arme à feu peut délabrer la face à l'origine d'une détresse respiratoire et/ou circulatoire.

craneCrâne

Sans bouger la tête et avec des gants, on recherchera une plaie notamment dans les cheveux.
La partie postérieure (occiput) n'est pas visible puisque l'on ne bouge pas le cou. Au palper on vérifie l'absence de plaie et de sang.
A travers une plaie, il faut rechercher (avec des gants stériles) la présence d'une plaie crânio-cérébrale où une partie de l'os est partie.

Une inconscience associée est très préoccupante.

▷ Voir cours "trauma crânien"

Cou

compression 2Une plaie du cou (carotide) peut être mortelle. Il faut comprimer au plus vite.

Rachis

Glisser les mains sous le dos sans mobiliser. Une balle peut avoir léser la moelle épinière.
A la moindre douleur, on maintiendra la position plat dos.
Vérifiez si le blessé se plaint de fourmillements, d'insensibilité de faiblesse musculaire, de souillures anales (incontinence anale, petit signe mais de grande valeur).
Par contre une fuite urinaire a des origines multiples: de la peur à la convulsion en passant par la perte de connaissance.

Thorax

demi-assis-coteEcarter les vêtements avec pudeur, à défaut glisser vos mains réchauffées à la recherhce d'une porte d'entré et/ou de sortie.
Si la plaie est "bullante" (air mélangé au sang à chaque inspiration) le projectile a pénétré dans le thorax.
Attention, une plaie basse peut léser le foie à droite et la rate à gauche.(organes saignant abondamment).
Le blessé sera installé demi-assis, sur le côté atteint (sauf inconscience), en attendant l'équipe médicale

Une détresse circulatoire associée est très préoccupante.


▽△ Détails des lésions : plèvre, poumon, gros vaisseau
Lésions de la plèvre

Le projectile ou un coup de couteau peut perforer le poumon. Il y a une fuite d'air entre le poumon et la paroi interne (pneumothorax) ou de sang (hémothorax).
(Pneumo = pneumatique; Hémo racine pour sang: hémoglobine, hématologie, hématie...).
Le poumon se ratatine (comme un ballon) et n'est plus fonctionnel.
Le blessé respire avec un seul poumon.

pneumothorax 1

Pneumothorax

pneumothorax 2

Pneumothorax

pneumothorax 3

Pneumothorax (Radiographie)

hemothorax

Hémothorax

hemopneumothorax

Hémo-pneumothorax (Radiographie)

 

 

bibendum poumonLa présence d'air sous la peau (emphysème sous cutané) (gonflement style "Bibendum Michelin") signe une lésion de la plèvre et du poumon (avec fracture de côte).
(En appuyant légérement on a l'impression de marcher dans la neige).     

 Lésions du poumon et des gros vaisseaux

Elles sont très graves.
Aucune lésion n'est apparente.
La détresse circulatoire peut d'emblée être majeure voire mort immédiate.
Mais la détresse peut survenir brutalement plus tard pendant le transport.

Une plaie par arme blanche ou balle, si elle traverse un vaisseau ou le coeur aura des conséquences dramatiques immédiates.
Si le poumon a été perforé, il y a des bulles qui sortent par l'orifice.
On dit que la plaie est "soufflante".

 

 

Abdomen, bassin

Ecarter les vêtements avec pudeur, à défaut glisser vos mains réchauffées.
On recherche plaie d'entrée er de sortie


▽△ Rappel des zones de l'abdoimen
  • zone abdomen 1 : Hypochondre droit
  • 2: Epigastre
  • 3: Hypochondre gauche
  • 4 : Flanc droit
  • 5: Région péri-ombilicale
  • 6: Flanc gauche
  • 7 : Fosse iliaque droite
  • 8: Hypogastre ou région sus pubienne
  • 9: Fosse iliaque gauche


jambes fléchies Chez la personne consciente, plusieurs positions sont possibles :
- légèrement assis avec ou sans jambes un peu surélevés
- sur le côté
La flexion des cuisses diminue la tension abdominale.

Une détresse circulatoire associée est inquiétante.          

Membres supérieurs puis inférieurs

On retire chaussures et chaussettes si possible. On recherche traumatisme, déformation, plaie, os qui pointe.
Les extrémités sont examinées avec étude de la coloration, température, sensibilité, motricité, et des pouls distaux.
Les armes de gros calibre font des dégats importants avec saignement nécessitant garrot.

▷ Voir cours "trauma membres" 

Cas particulier: Arrachement d'un membre

Paradoxalement, les artères sectionnées ne saignent pas forcement en jet car elles se sont rétractées.
De toute façon le blessé est choqué et à tout instant, surtout lors d'une manipulation l'artère peut se rouvrir.
La partie sectionnée sera conservée dans un double sac contenant de la glace en évitant le contact direct avec la peau.

Savoir+ :Bilan trauma

Plaie qui saigne

Plaie artère principale

Elle entraîne en quelques minutes une détresse circulatoire majeure si la compression n'est pas immédiate.

Plaie qui saigne en nappe modérément

Un saignement dû à une petite coupure, écorchure, éraflure ou abrasion cutanée s'arrête spontanément en quelques minutes.
En effet les vaisseaux se contractent et la plaie vasculaire est "bouchée" par un caillot formé par les plaquettes du sang et des facteurs de coagulation.
Il ne faut pas "gratter" le caillot formé sinon la plaie resaigne.
C'est le cas des plaies par éclats de verre.

Plaie qui saigne beaucoup

Un saignement abondant imbibe de sang un mouchoir en quelques secondes et ne s'arrête pas spontanément.
Si aucune compression n'est pratiquée, la perte de sang peut devenir importante, à l'origine d'une perte de globules rouges (anémie) et de sang (liquide).
Il est très difficile d'évaluer la quantité de sang perdu. On peut aussi bien minorer que majorer.

Savoir + : Plaies

Explosion ou blast

blastElle libère de l'énergie qui comprime l'air entraînant une zone d'hyperpression qui se propage très vite sous forme d'une onde .
On parle d'onde de blast ou souffle de l'explosion ou "effet de souffle".
Il peut avoir un traumatisme secondaire du aux projectiles: pierre, éclats de verre.
Lors d'un attentat, l'engin explosif peut contenir des objets (clous,boulons...) à l'origine d'un polycriblage.
Un traumatisme tertiaire est du à la projection de la victime contre une paroi.

Savoir + : Explosions

Feu vert transport

Si le feu vert a été donné par le centre 15, le blessé sera transporté vers le service d'urgence désigné, le plus approprié à son état.
Il faudra être particulièrement attentif  au brancardage et à l'installation dans l'ambulance.
L'ambulance aura été préparée.

◁ Revoir installation

Ne pas oublier que de nombreux éléments (vibrations, vitesse...)  sont néfastes pour un blessé.

◁ Revoir retentissement du transport sur l'organisme

Rappelons que pendant toute la durée du transport le blessé sera surveillé.

◁ Revoir surveillance du transport

Transmission à l'arrivée

A l'arrivée du malade en milieu hospitalier, un dernier examen sera pratiqué et comparé au premier examen afin d'estimer si l'état clinique reste stationnaire, s'aggrave ou s'améliore. Si la prise correcte des constantes ne prête pas à discussion (données objectives), l'évaluation de la conscience et de l'amplitude respiratoire sont des mesures très personnelles (données subjectives). C'est pourquoi il faut dialoguer avec l'équipe soignante.
On transmettra la feuille de transport.

Points clefs

  • La protection est le premier élément de la chaîne des secours
  • Les victimes seront triées en Urgences absolues (U.A.) et relatives (U.R.)
  • Hémorragie interne = bloc opératoire
  • Plaies hémorragiques = garrot

 

Votre texte de l'info bu


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Dr Pierre BLOT chim